Zineb Agoumi : Interview de la Directrice Générale d’EzyGain

Zineb Agoumi s’intéresse depuis longtemps au domaine médical et à l’aide aux personnes en perte de mobilité. Aujourd’hui Directrice Générale d’EzyGain, elle nous parle de l’importance de la rééducation et de  l’entrainement  de l’équilibre et de la marche pour bien vieillir.

Depuis 2016, EzyGain conçoit des appareils de rééducation et d’exercice physique pour les personnes en difficulté, en établissement ou à domicile. 

 

 

Comment vous est venue l’idée de EzyGain ?

EzyGain a été créé en 2016, à la suite d’un événement personnel. Ma grand-mère a fait une première chute à son domicile, et son état s’est dégradé par la suite. À l’époque, je ne m’y connaissais pas du tout. Pendant 2-3 mois, j’ai visité plusieurs centres de rééducation, des maisons de retraites et des associations d’aide aux patients, pour voir comment les gens s’entraînent à la marche en centre ou à domicile. Je me suis rendue compte qu’en termes d’équipement, il n’y avait que 2 options : les centres qui pouvaient se le permettre étaient équipés de grosses machines très onéreuses, les autres de tapis classiques ou de simples barres parallèles non adaptés à des personnes fragiles . À domicile, on pratiquait jusqu’alors la trottino thérapie, c’est-à-dire la marche accompagnée, qui reste assez limitée dans les domiciles où il y a peu de place. J’ai également fait la rencontre d’un médecin chef d’un centre de rééducation, Thierry Albert : il avait des patients atteints de maladies neurodégénératives qui nécessitent de l’exercice quotidien sur le long terme. On a donc décidé de créer un appareil d’exercice physique sécurisé pour les personnes en difficulté, en centre ou à domicile. On a commencé par équiper les établissements de santé avec le modèle EMA, un tapis de rééducation de la marche complet avec une verticalisation de la personne depuis le fauteuil roulant, avec des exercices ludiques et motivants, ainsi qu’une partie analytique qui permet d’avoir un bilan du patient après chaque séance. Et depuis février 2021, nous avons lancé une deuxième version pour le domicile, pour de l’entraînement physique à la marche sécurisée, avec un harnais, donc sans risque de chute. Depuis 2018, nous avons équipé près de 180 établissements de santé et sommes présents en France, en Allemagne, en Norvège, en Suisse, en Belgique, à Hong-Kong, au Maroc et à Singapour. 

Comment fonctionne cet appareil à domicile ?

Il existe 2 versions pour le domicile : 

  • Amy® : ce dispositif va uniquement sécuriser le patient, avec analyse de l’exercice et exercices ludiques 
  • Ema® certifié pour le domicile :  Intègre en plus un système de verticalisation automatisé depuis le fauteuil roulant, pour des patients en plus grande fragilité

Sur ces dispositifs, on a mis en place un système de coaching, pour suivre les patients chez eux et pour maintenir leur motivation. Ils sont dispensés par des coachs d’activité physique qui suivent et accompagnent l’évolution des patients. Les deux dispositifs font à peu près 1 mètre carré au sol, nous installons nous-mêmes les machines chez les patients et les formons à son utilisation. 

Comment votre produit s’inscrit-il dans l’ambition de Silver Alliance ? 

On est convaincu que l’activité physique est essentielle à tous les âges, il se trouve que les personnes âgées ont parfois peur de sortir ou de remarcher, quand elles ont déjà fait une chute. Les personnes atteintes de maladies neurodégénératives ne sont pas toujours bien accompagnées et difficilement prises en charge. Alors EzyGain leur offre la possibilité de pratiquer une activité physique régulière de manière sécurisée. Grâce aux exercices ludiques et aux coaching, EzyGain stimule aussi l’activité cognitive et maintient le cerveau en activité. Il y a également l’aspect social. On a fait en sorte que les utilisateurs de la machine puissent communiquer sur leurs activités avec leurs proches à travers notre application. Par exemple, les utilisateurs ont la possibilité d’envoyer leurs bilans et leurs scores à leurs proches pour leur faire part de leurs évolutions. Certaines personnes étaient très habituées à pratiquer une activité physique en groupe, comme la randonnée où l’on partage l’effort, ils peuvent donc continuer à partager à travers ces bilans. On est convaincu que maintenir une activité physique et sociale est très important pour bien vieillir. 

C’est quoi être senior pour vous, aujourd’hui ?

C’est une question difficile. On catégorise aujourd’hui la population par âge mais je trouverais ça plus pertinent de catégoriser par état de santé. Certaines personnes de 70 ans sont en parfaite santé, continuent à s’impliquer dans des activités physiques ou sociales d’eux-mêmes, ils sont bien entourés… Et il y a des personnes de 50 ans qui ont des pathologies, qui sont seules et qui ont besoin d’un réel accompagnement. 

Quel est votre idéal du bien vieillir ?

Mon idéal du bien vieillir est de garder une santé convenable et d’être bien entouré. L’isolement peut commencer à partir du départ à la retraite : à cette période, il y a souvent un sentiment de perte d’utilité. La considération de la société change et cela peut être difficile à vivre. Il est important de pouvoir rester actif en société.